Grande déportation - arrivée à Belle-Ile-en Mer

                            (musique fond : chant religieux chanté lors de la déportation)


     Prélude à la grande déportation

    Les Acadiens croyaient que la question du
    serment d'allégeance a été réglée en 1730.
    En refusant de prendre les armes contre la
    France et en prometant d'apaiser toute révolte
    contre la Grande-Bretagne, ils se considèraient 
    comme neutres. Leur neutralité fut reconnue
    en 1746 et en 1747 par le lieutenant-
    gouverneur de la Nouvelle-Écosse, 
    Paul Mascarene. À cette époque déjà,ils ont
refusé de participer aux expéditions militaires françaises lancées à partir de la région de Beaubassin contre les positions militaires anglaises en Nouvelle-Écosse.


En 1750, les autorités brittaniques exigent de nouveau que les Acadiens prêtent un serment d'allégeance. Les activités militaires créent un climat d'insécurité et de tension chez les Acadiens de la région. Beaucoup d'entre eux se réfugient alors à l'ouest de la rivière Mésagouèche ou émigrent à l'île Saint-Jean (Île-du­Prince-Édouard).

La grande déportation (ou le grand dérangement)

 
En 1750, les autorités françaises ne considèrent pas que les Acadiens sont des alliés fiables, et les autorités britanniques les perçoivent comme des sujets instables puisqu'ils refusent toujours de signer le serment d'allégeance. Avec l'appui du gouverneur William Shirley, du Massachusetts, Charles Lawrence, nommé Lieutenant Gouverneur de la Nouvelle-Écosse en 1753, applique une politique de plus en plus agressive à l'égard des Acadiens. Ces derniers occupent les terres les plus fertiles de la Nouvelle­ Écosse, mais ne veulent pas prêter un serment sans réserve au monarque britannique. Pour les Anglais, ce refus fait perdre aux Acadiens le droit d'occuper ces terres et justifie leur expul­sion.

À la fin de juillet 1755, le Conseil d'Halifax ordonne que la population acadienne soit déportée dans les colonies américaines.

Le 3 septembre 1755, le lieutenant-colonel John Winslow lit la proclamation suivante aux 300 hommes et jeunes garçons convoqués dans l'église Saint-Charles-des-Mines de Grand-Pré :

     Pierre MELANSON
(l'ancêtre de l'arrière grand-mère
     se trouvait certainement dans cette église lorsque fut lu
     cette proclamation.

     Voici ce qu'il entendit :

     M
essieurs, 

     J'ai reçu de Son Excellence le gouverneur Lawrence,
     les instructions du roi. C'est par ses ordres que vous 
     êtes assemblés pour entendre la résolution finale de
     Sa Majesté concernant les habitants français de cette
     province de la Nouvelle-Écosse qui, durant un demi-siècle,
     ont reçu plus d'indulgences que tout autres sujets britanniques du Dominion de sa Majesté. De quel usage vous en avez fait, vous seuls le savez. 

L
e devoir qui m'incombe, quoique nécessaire, est très désagréable à ma nature et à mon caractère, de même qu'il doit vous être pénible à vous qui avez la même nature. 

M
ais ce n'est pas à moi de critiquer les ordres que je reçois, mais de m'y conformer. Je vous communiquer donc, sans hésitation, les ordres et instructions de Sa Majesté, à savoir que toutes... 

V
os terres, vos maisons, votre bétail et vos troupeaux de toutes sortes sont confisqués au profit de la couronne, avec tous vos autres effets, excepté votre argent et vos mobiliers, et que vous-mêmes vous devez être transportés hors de cette province. 

L
es ordres péremptoires de Sa Majesté sont que tous les habitants de ces districts soient déportés, et selon la bonté de Sa Majesté vous permettant la liberté d'apporter tout argent et choses personnelles que vous pourrez transporter sans incommoder les navires sur lesquels vous serez déportés. Je ferais l'impossible pour assurer lasécurité de vos biens et pour vous protéger contre toute acte de brutalité durant leur transport et que des familles entières soient transportées ensemble sur le même vaisseau.

Je suis assuré que malgré votre grand malaise, durant cet avènement, nous souhaitons que la partie du monde où vous serez, vous demeurerez des sujets fidèles à sa majesté tout en étant un peuple heureux et paisible.

Dès le mois d'octobre 1755, et jusqu'en 1762,
des centaines de familles acadiennes sont expulsés 
sur des vais­seaux de fortune vers les colonies
anglo-américaines, l'Angleterre et la France.
Leurs maisons furent brûlées.

Pierre MELANSON
(fils de Philippe Claude)
et sa famille 
ont donc été déporté vers l'Angleterre, à destination de Southampton, où ils resteront prisonniers 
jusqu'en 1763, installés dans des baraquements
sur les quais. C'est là que naissèrent leurs filles Anne-Marie, Marie-Madeleine et Marie-Marthe.

Entassés dans les prisons des ports de l’Angleterre, réclamant l’assistance de la France, qu’elle leur accorda enfin en 1763, avec la signature du traité de Paris, qui leur permit de retrouver la France à Morlaix et à Saint Malo, la famille de
Pierre MELANSON fut embarquée en mai 1763, sur la corvette Française «ambition» qui arriva dans le port de St Malo, vers la mi-mai. Ils étaient 219 acadiens à bord, venant tous de Southampton. Pierre MELANSON et toute sa famille s'installèrent comme réfugié, à St Enogat, près de Saint Malo. C'est là qu'est né leur dernière fille, Rose.

Grâce à l’abbé LE LOUTRE qui était aumônier des Accadiens, il fut décidé qu’un nombre important de familles viendraient s’installer à Belle-Ile-en-Mer.

Un peut à la manière de l’Acadie, Belle-Ile-en-Mer était occupé par les Anglais. Le traité de Paris (3 novembre 1762) qui donnait le Canada aux Anglais, permit à la France de récupérer Belle-Ile. Elle fut complètement libérée des anglais, le 11 avril 1763. Un mois plus tard, ce fut la libération des Acadiens prisonniers en Angleterre, qui vinrent grossir le nombre de réfugiés dans les ports français.

Dès juillet 1763, 3 chefs de famille acadiens, Honoré Le Blanc, Joseph Trahan et Simon Granger se rendent à Belle-Ile-en-Mer, afin de juger de la possibilité d'une implantation sur cette île bretonne. Le Baron de Waren, gouverneur de l'île juge ce premier contact positif, "ils ont paru très contents de ma réception et s'en sont retournés le 27. Comme ils sont gens fort industrieux et habiles cultivateurs, je serais enchanté de les voir arriver: ce serait un bon boulevard contre ceux qui les ont maltraités.

Mais tout n'est pas si rose, les acadiens, soutenus par l'abbé Le Loutre, voudraient rester groupés sur l'île dans une même paroisse, ce qui n'est pas du goût de Waren qui veut au contraire les disperser sur l'ensemble du territoire "afin que tous les habitants ne fassent qu'un seul esprit et qu'un même peuple."

L'abbé Le Loutre qui avait participé à cette première visite, prend les affaires en main et en janvier il annonce a Waren qu'il a trouvé 77 familles déterminées à passer dans l'île. Mais les affaires trainent en longueur, les habitants de l'île ne sont pas très heureux de voir débarquer ces réfugiés, rien n'est prêt, il manque des maisons, il faut commander des chariots, des charrues, du bois, des boeufs, des vaches... C'est l'abbé Le Loutre qui gère tout cela.

ARRIVEE A BELLE-ILE-EN-MER

 









En septembre 1765 Armand Granger et Joseph Le Blanc sont chargés de péparer l'hébergement des 78 familles. Les premières arrivent le 22 septembre, d'autres le 1er octobre, puis le 18 et enfin le 30 octobre.

Elles sont logées provisoirement dans "les grands magasins aux avoines" qui sont une halle. Les acadiens participent aux travaux de construction des maisons, certains, qui étaient marins, embarquent avec des patrons pêcheurs du pays.

Pour arriver à un partage des terres équitable prenant en compte la composition des famille, l'origine, la parenté, les affinités; Isambert à imaginé un système original avec des "lotties" et des "brigades".

Les "lotties" sont des lots de terres bien précis et numérotés, les "brigades" au nombre de 13, sont constituèes de 6 familles, chacune dotée d'un "chef de brigade" qui sera chargé de tirer au sort la lottie attribuée à chacune des brigades.

C’est ainsi que Pierre MELANSON et ses 8 enfants s’installèrent à Belle Ile, sur la paroisse de Locmaria. Avec eux se trouvaient aussi Jean MELANSON (né en 1710) qui était veuf et Magdelaine MELANSON avec son mari Charles GAUTROT. Pierre sera «afféagiste». Belle-Isle c'était aussi le nom du grand marais où les aboiteaux avaient été expérimentés en Acadie. Cela a du leur rappeler leur pays, lorsqu'ils se sont retrouver à Belle-Ile en Bretagne.

Peu à peu, et non sans difficulté, l'implantation sera une réussite, unique parmi toutes les tentatives ( Poitou, îles Malouines, etc...).

Les soixante-dix-huit familles acadiennes seront réparties dans les quatre paroisses de l'île, et recevront six sols par jour, une maison modeste et identique, un cheval, une vache, une paire boeufs, attelage, charrette, ustensiles de labourage, et 20 journaux* de terre. D'autres familles belle-iloises désignées sous le nom générique de "colons" et de "gourdiec" ne seront pas lésées: au lieu d'être simples fermiers ils seront eux aussi afféagistes ... C'est à dire propriétaires.

Cette répartition des familles acadiennes facilitera l'intégration car elles, parlent français, et les locaux, le breton... Seules, les surfaces des terres attribuées aux afféagistes seront différentes selon les familles. Ils ont construit leur maison qui se trouvent au Cosquet. Pierre MELANSON est malheureusement décédé le 10 novembre 1766, peu de temps après leur arrivée sur Belle Ile.


                           La maison des MELANSON se trouve toujours
                           au Cosquet, à Belle-Ile-en Mer, sur la commne
                           de Locmaria.





Cette page sera mise à jour si vous m'envoyez des informations sur cette période ou si je trouve quelque chose d'autre.  

Présentation

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus